Paris change de musique
À Montmartre, les cabarets sont en pleine effervescence. On y vient pour boire, rire, écouter des chansons, mais aussi rencontrer des artistes et des écrivains. Le célèbre cabaret Le Chat Noir attire toute une bohème parisienne.
Erik Satie connaît bien ce monde : pour gagner sa vie, il joue du piano dans les cabarets et accompagne notamment le chansonnier Vincent Hyspa. Sa musique en garde quelques délicieux souvenirs. Je te veux, valse tendre et légèrement canaille, ou La Diva de l’Empire, avec son allure de music-hall, n’ont pas tout à fait le maintien d’une sonate en habit du dimanche.
Et Debussy dans tout ça ?
Debussy n’est pas un compositeur de cabaret. Mais il vit dans ce Paris-là et n’est nullement indifférent aux musiques qui l’entourent. Lui aussi croise ce monde artistique et se montre curieux de sonorités venues d’ailleurs.
Il sait également s’amuser avec les codes de son époque. La plus que lente, avec son titre malicieux, joue sur la mode des valses lentes dans les salons parisiens. Et dans Children’s Corner, composé pour sa fille Chouchou, il glisse humour, tendresse et clins d’œil aux musiques populaires de son temps.
De Paris à Broadway
Une génération plus tard, le décor change, mais les frontières continuent de bouger. Avec Gershwin, le jazz rencontre la musique de concert et l’opéra ; Summertime, créé dans Porgy and Bess en 1935, fera bientôt le tour du monde. Avec Kurt Weill, cabaret, théâtre et chanson se mêlent à leur tour.
De Debussy à Satie, de Gershwin à Weill, chacun parle sa propre langue. Mais tous rappellent à leur manière une chose assez réjouissante : la musique a toujours aimé sortir des cases.
